아르트팍트

Artefacts
Hélène Bleys, Clément Borre, Alix Desaubliaux, Kim Myoung-Joo, Lee Yun Hee
07 > 24 juin 2018

dorossy
圖路時 그림을 찾아가는 시간
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Alix Deseaubliaux
Cristallisques (cuivre)
2018
© guillaume seyllier

Artefacts, en rassemblant des travaux d’artistes coréens et français, n’a pas pour ambition de comparer l’évolution actuelle de la céramique en France et en Corée mais plus de s’intéresser à comment certains artistes contemporains s’emparent et s’approprient aujourd’hui ce medium millénaire et en renouvellent la pratique chacun à leur niveau, que soit dans la continuité de gestes intemporels ou l’inclusion de nouvelles techniques inspirées par une société de plus en plus technologique.

Il émerge ainsi du travail de Lee Yun Hee une certaine idée de la tradition, de par la finesse qui émane de ses céramiques délicatement ciselées et émaillées qui semble perpétuer les gestes de cet art millénaire. Lee Yun Hee apporte en effet un soin détaillé aux ornementations de ses pièces, que se soit à travers la blancheur immaculée des ses émaux ou au contraire dans la magnificence de leur apparat. En résulte une impression d’intemporalité de ses œuvres, une sorte de continuité moderniste de ce que l’on pense être une sorte d’idéal coréen du geste du céramiste.

Le soin du détail, on le retrouve dans le travail d’Hélène Bleys, même si, chez elle, la maitrise de la céramique se construit de manière empirique. On y trouve une grande précision apportée à la ligne, sa finesse et sa délicatesse. Se déploie en effet dans ses céramiques tout le langage du trait qui se manifeste dans ses encres de chine sur papier. On pourrait même dire qu’il s’agit pour elle de transcrire en volume ses dessins. Car c’est bien sa pratique du dessin qui influence celle de l’argile. Elle y perpétue les champs thématiques qui l’inspirent, le corps, animal, végétal, humain, qu’elle syncrétise dans un tout intrigant et étrange, mais à la fois joyeux et mutin comme pour mieux s’affranchir de ce que l’on pourrait prendre pour une obsession déroutante.

Cette question du corps des choses est aussi présente chez Myung-joo Kim. De part les thématiques, notamment végétal, déployé dans ses œuvres, mais aussi de par son rapport plus libéré au matériau. Ici il n’est plus question de tradition, ou alors d’une tradition délibérément dévoyée. Il y a ainsi un certain laisser faire de la matière dans les céramiques de Myung-joo Kim. Le flux dans son travail n’est pas contrôlé, il laisse libre court à la matière. Une ligne engendre une autre ligne, une masse engendre une autre masse. C’est un état de processus qui nous est donné à voir plutôt que de fixité avec tout sa part de d’inattendu et d’accident dérivant des formes initiales.

Chez Clément Borre, cette notion d’accident apparaît quant à elle comme une marque de fabrique. Peintre de formation, la matière de ses tableaux s’est accumulée petit à petit pour devenir de plus en plus épaisse. Puis ce sont ses toiles qui se sont accumulées les unes aux autres, par collage notamment. C’est donc vers une autre dimension picturale qu’il s’est peu à peu orienté faisant ce constat qu’il lui fallait sortir des surfaces planes. Dans ses sculptures en céramique, ce n’est donc pas la maitrise technique qui l’intéresse mais la matière vivante et le temps lui impose leurs rythmes.
Il préfère d’ailleurs les accidents de surfaces comme les fissures ou les bulles qui ajoutent de la matière à la texture. Car dans ces objets en argile, ce qui resurgit en premier, c’est le geste du peintre lors de la pose de l’émail, la spontanéité des couleurs après la cuisson.
 Tout ce qu’il ne maitrise pas et qui pourtant lui procure tant de plaisir dans son travail.

Cet inattendu, c’est aussi une caractéristique du travail d’Alix Desaubliaux. Mais celui-ci est ici plus lié à l’idée d’expérimentation, de recherche tant sur la technique que sur la matière. Alix Desaubliaux a une pratique protéiforme qui ouvre le champ des expériences au delà des formes classiques de l’art en convoquant le code, le virtuel et le DIY. Sa pratique de la céramique fait appel à la technologie et à la science. En créant sa propre imprimante 3D, elle instaure un protocole de fabrication générant des formes résultant de toutes les possibilités de variation du code. Si elle respecte bien la première étape de la cuisson, l’émaillage disparaît ensuite au profit d’une chimie qui donnera leur matière finale à ses sculptures. En résulte un travail où la technologie devient une ode au vivant, point commun de tous ces artistes.