Rafaela Lopez | C’est pas la faute à Voltaire

La performance C’est pas la faute à Voltaire de Rafaela Lopez se déroulera samedi 22 juillet à 18h place Stanislas.

 

Rafaela Lopez a décidé de présenter sa performance créée pour Territoire #2 place Stanislas. En opérant ce choix, elle a décidé se s’inspirer de ce lieu et s’est plongée dans l’histoire de la ville de Nancy, et plus particulièrement de son emblématique place.

Voulue par le duc de Lorraine Stanislas Leszczynski, la place a été construite entre 1751 et 1755 sous la direction de l’architecte Emmanuel Héré. Il s’agissait dès lors pour ce dernier d’affirmer la persistance du pouvoir du Duché de Lorraine, qui bénéficiait encore de son indépendance.

C’est le 26 novembre 1755 qu’a eu lieu son inauguration solennelle. Le Duc Stanislas, voulant frapper les esprits par le faste des célébrations, avait ainsi notamment commandé, parmi d’autres festivités, une pièce à Charles Palissot de Montenoy, Le Cercle ou les Originaux. Cette farce, se voulant l’héritière des comédies de Molière, moquait l’intelligentsia de l’époque et fit scandale alors dans les cercles philosophiques.

Cet épisode de la vie de Charles Palissot de Montenoy témoigna d’un renversement de situation. Admirateur et disciple de Voltaire, il s’aliéna pourtant le camp des Philosophes et devint paradoxalement leur principal ennemi.

C’est ce qui découle de ce moment d’histoire et de vie qui a inspiré Rafaela Lopez dans l’écriture de sa performance. Dans une société centrée sur l’individualisme où il faut contrôler son image pour améliorer son paraître dans le regard d’autrui, où l’image que l’on projette de soi nous pousse plus encore à prêter attention à ce que les autres peuvent penser de nous, comment certains événements définissent notre rapport à la vie et créent parfois un décalage entre ce que l’on est, ce que l’on voudrait être et comment nous sommes finalement perçu?

L’œuvre de Rafaela Lopez, en reprenant les mots de Charles Palissot de Montenoy, devient une fable contemporaine sur notre vanité, publique comme intime. Elle interroge là les codes de création et de représentation qui en découlent, questionnant ainsi le mode de pensée que nous impose notre société de l’instant.